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Page:Stevenson - Le Mort vivant.djvu/222

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combien moins gai encore pour un jeune homme tout bourrelé d’alarmes, et occupé à attendre l’arrivée d’un cadavre !

Il s’assit, nettoya de son mieux une moitié de la table, et attaqua le déjeuner froid que contenait son panier. En prévision d’une enquête possible sur le sort de Jimson, il avait jugé indispensable de ne pas se laisser voir : de telle sorte qu’il était résolu à passer la journée entière sans sortir du pavillon. Et, toujours afin de corroborer sa fable, il avait apporté dans sa valise non seulement de l’encre et des plumes, mais un gros cahier de papier à musique, du format le plus imposant qu’il avait pu trouver.

« Et maintenant, à l’ouvrage ! » se dit-il, dès qu’il eut satisfait son appétit. « Il faut que je laisse des traces de l’activité de mon personnage ! » Et il écrivit, en belles lettres rondes :


ORANGE PEKOE
Op. 17
J.-B. JIMSON
PARTITION DE PIANO ET CHANT


« Je ne suppose pas que les grands compositeurs commencent leur travail de cette manière-là, songea Gédéon ; mais Jimson est un original, et