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Page:Stevenson - Le Mort vivant.djvu/216

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des conditions aussi irrégulières ; et lui, il les avait complaisamment écoutés. Et si encore il s’était borné à les écouter ! Mais il s’était mis en route pour la commission dont ils l’avaient chargé : lui, un avocat, il avait entrepris une commission bonne tout au plus pour un détective privé ! Et pour comble, hélas ! il avait consenti à prendre l’argent que lui offraient ses visiteurs ! « Non, non, se dit-il. La chose est trop claire, je vais être déshonoré ! J’ai brisé ma carrière pour un billet de cinq livres ! »

Après trois gorgées de cette chaude, visqueuse, et boueuse tisane qui passe, dans les tavernes de Londres, pour une décoction de la graine du caféier, Gédéon comprit qu’il y avait tout au moins un point sur lequel aucune hésitation n’était possible pour lui. La chose avait à être réglée sans le secours de la police ! Mais encore avait-elle à être réglée d’une façon quelconque et sans retard. De nouveau Gédéon se demanda ce qu’aurait fait Robert Skill : que peut faire un homme d’honneur pour se débarrasser d’un cadavre honorablement acquis ? Aller le déposer au coin de la rue voisine ? c’était soulever dans le cœur des passants une curiosité désastreuse. Le jeter dans une des cheminées de la ville ? toute sorte d’obstacles matériels rendaient une telle