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Page:Stevenson - Le Mort vivant.djvu/193

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— Oh ! c’est vous, Michel ? dit-il, en bloquant soigneusement l’étroite ouverture. Il est bien tard !

Sans répondre, Michel s’avança, saisit la main de Maurice, et la serra si vigoureusement que le pauvre garçon fit, malgré lui, un mouvement de recul, ce dont son cousin profita pour entrer dans l’antichambre et pour passer ensuite dans la salle à manger, avec Maurice sur ses talons.

— Où est mon oncle Joseph ? demanda-t-il, en s’installant dans le meilleur fauteuil.

— Il a été assez souffrant, ces jours derniers ! répondit Maurice. Il est resté à Browndean. Il prend soin de lui, et je suis seul ici, comme vous voyez !

Michel eut un sourire mystérieux.

— C’est que j’ai besoin de le voir pour une affaire pressante ! dit-il.

— Il n’y a pas de raison pour que je vous laisse voir mon oncle, tandis que vous ne me laissez pas voir votre père ! répliqua Maurice.

— Ta, ta, ta ! dit Michel. Mon père est mon père ; mais le vieux Joseph est mon oncle à moi aussi bien que le vôtre, et vous n’avez aucun droit de le séquestrer !

— Je ne le séquestre pas ! dit Maurice, enragé.