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Page:Stevenson - Le Mort vivant.djvu/191

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Patagonienne, en fournissant une explication quelconque que je me chargerai d’inventer pour vous. De cette façon, votre situation sera plus nette ; et comme Maurice, tout de même, ne pourra pas toucher un sou en banque, à moins de faire un faux, vous voyez que vous n’aurez pas de remords à avoir de ce côté-là !

— C’est égal, j’aimerais mieux ne pas dépendre de votre bonté ! répondit Joseph en se grattant le nez. J’aimerais mieux pouvoir vivre de mon propre argent, maintenant que je l’ai !

Mais Michel lui secoua le bras.

— Il n’y aura donc pas moyen, lui cria-t-il, de vous faire comprendre que je travaille en ce moment à vous épargner le bagne !

Cela était dit avec tant de sérieux que le vieillard en fut effrayé.

— Il faudra, dit-il, que je tourne mon attention du côté de la loi ; ce sera pour moi un champ nouveau à explorer. Car bien que, naturellement, je comprenne les principes généraux de la législation, il y a beaucoup de ses détails que j’ai jusqu’à présent négligé d’examiner, et ce que vous m’apprenez là, par exemple, me surprend tout à fait. Cependant il se peut que vous ayez raison, et le fait est qu’à mon âge un long emprisonnement risquerait de m’être quelque peu préjudiciable.