Ouvrir le menu principal

Page:Stevenson - Le Mort vivant.djvu/188

Cette page a été validée par deux contributeurs.



— Et, à ce propos, où en êtes-vous pour ce qui en est de l’argent ? demanda complaisamment Michel.

— Oh ! je suis riche ! répondit le vieillard. J’ai touché huit cents livres, de quoi vivre pendant huit ans. J’ai des plumes et des crayons à volonté ; j’ai à ma disposition le British Museum, avec ses livres. Mais c’est extraordinaire combien un homme d’une intelligence raffinée a peu besoin de livres, à un certain âge ! Les journaux suffisent parfaitement à l’instruire de tout !

— Savez-vous quoi ? dit Michel. Venez demeurer chez moi !

— Michel, répondit l’oncle Joseph, voilà qui est très gentil de votre part : mais vous ne vous rendez pas compte de ce que ma position a de particulier. Il y a, voyez-vous, quelques petites complications financières qui m’empêchent de disposer de moi aussi librement que je le devrais. Comme tuteur, vous savez, mes efforts n’ont pas été bénis du ciel ; et, pour vous dire la chose bien exactement, je me trouve tout à fait à la merci de cette bête brute de Maurice !

— Vous n’aurez qu’à vous déguiser ! s’écria Michel. Je puis vous prêter tout de suite une paire de lunettes en verres à vitre, ainsi que de magnifiques favoris rouges.