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pesât sur eux, Pitman émit un profond soupir de soulagement.

— Maintenant, dit-il, nous pouvons rentrer à la maison !

— Pitman, dit l’avoué en s’arrêtant court, vous me désolez ! Quoi ! nous avons été à la pluie à peu près toute la journée, et vous proposez sérieusement de rentrer à la maison ? Non, monsieur ! Un grog au whisky nous est absolument indispensable !

Il reprit le bras de son ami, et le conduisit inflexiblement dans une taverne d’apparence engageante, et je dois ajouter (à mon vif regret, d’ailleurs) que Pitman s’y laissa conduire assez volontiers. Maintenant que la paix était restaurée à l’horizon, une certaine jovialité innocente commençait à poindre dans les manières de l’artiste : et quand il leva son verre brûlant pour trinquer avec Michel, le fait est qu’il apporta à ce geste toute la pétulance d’une petite pensionnaire romanesque assistant à son premier pique-nique.