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Page:Stevenson - Le Mort vivant.djvu/176

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— N’importe ! vous m’en faites supporter de dures ! murmura l’artiste.

Cependant les deux amis étaient parvenus au coin de la rue, et là, sous la garde du fidèle commissionnaire, veillant sur lui avec un grand air de vertueuse dignité, là les attendait le piano, qui semblait un peu s’ennuyer dans la solitude de la charrette, tandis que la pluie découlait le long de ses pieds élégamment vernis.

Ce fut encore le commissionnaire qui fut mis en réquisition pour aller chercher cinq ou six robustes gaillards au cabaret le plus voisin, et, avec leur aide, s’engagea la dernière bataille de cette mémorable campagne. Tout porte à croire que M. Gédéon Forsyth ne s’était pas encore installé dans son compartiment du train de Hampton Court lorsque Michel ouvrit la porte de l’appartement du jeune voyageur, et que les porteurs, avec des grognements professionnels, déposèrent le grand Érard au milieu de la chambre.

— Voilà, dit triomphalement Michel à Pitman après avoir congédié les hommes. Et maintenant, une précaution suprême ! Il faut que nous lui laissions la clef du piano, et de telle manière qu’il ne manque pas à la trouver ! Voyons un peu !

Au centre du couvercle, sur le piano, il construisit une tour carrée avec des cigares et déposa