Ouvrir le menu principal

Page:Stevenson - Le Mort vivant.djvu/165

Cette page a été validée par deux contributeurs.


cher d’être reconnu ? Pourvu que je ne rencontre pas quelqu’un de mon pensionnat !

— Oh ! l’absence de votre barbe suffit à vous rendre méconnaissable ! Je vous recommande seulement de ne pas oublier de parler avec lenteur : et tâchez aussi, si vous pouvez, à parler un peu moins du nez qu’à votre ordinaire !

— Mais j’espère bien que ce jeune homme ne sera pas chez lui ! soupira Pitman.

— Et moi, j’espère bien qu’il y sera, à la condition pourtant qu’il soit tout seul ! répondit Michel. Cela nous simplifiera diantrement nos opérations !

Et, en effet, lorsqu’ils eurent frappé à la porte d’un petit appartement du rez-de-chaussée, ce fut Gédéon en personne qui vint leur ouvrir. Il les fit entrer dans une chambre assez pauvrement meublée, à l’exception, toutefois, du manteau de la cheminée, qui se trouvait absolument encombré d’un assortiment varié de pipes, de paquets de tabac, de boîtes de cigares, et de romans français à couvertures jaunes.

— Monsieur Forsyth, je crois ? — C’était Michel qui ouvrait ainsi l’attaque. — Monsieur, nous sommes venus vous prier de vouloir bien vous charger d’une petite affaire. Je crains d’être indiscret…