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Page:Stevenson - Le Mort vivant.djvu/161

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Un tel spectacle rend confiance dans l’espèce humaine !

Le déjeuner fut excellent, et Michel le mangea d’un excellent appétit. Mais, du ton le plus formel, il refusa à son compagnon la permission de boire plus d’un seul verre de la bouteille de champagne qui arrosait le repas.

— Non, non ! lui dit-il confidentiellement. Il faut que l’un de nous deux ne soit pas tout à fait ivre ! Comme dit le proverbe : « Un homme ivre, excellente affaire ; deux hommes ivres, tout est perdu ! »

Après le café, Michel fit un effort admirable pour prendre une mine grave. Il regarda son ami bien en face, et, d’une voix un peu pâteuse, mais sévère, s’adressa à lui :

— Assez de folies ! commença-t-il, très judicieusement. Arrivons à notre affaire ! Pitman, écoutez bien ce que je vais vous dire ! Sachez que je suis un Australien, un colon australien ! Mon nom est John Dickson, entendez-vous cela ? Et vous aurez certainement plaisir à apprendre que je suis riche, monsieur, très riche ! Le genre d’entreprises que nous méditons, Pitman, ne saurait être préparé avec trop de soin. Tout le secret du succès est dans la préparation. Aussi me suis-je constitué, depuis hier soir, une biographie complète,