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Page:Stevenson - Le Mort vivant.djvu/154

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ce puissant penseur, que le temps est toujours bien long entre deux verres d’eau-de-vie ! » Eh bien ! Pitman, si vous voulez bien chercher dans la poche gauche de mon ulster, j’ai l’idée que vous y trouverez un flacon de whisky. C’est cela, merci ! — ajouta-t-il en remplissant deux verres. — Buvez-moi cela, et vous m’en direz des nouvelles !

L’artiste étendait la main vers le pot à eau, mais Michel se hâta d’arrêter son mouvement.

— Pas même si vous me le demandiez à genoux ! cria-t-il. C’est la plus belle qualité de whisky de table qu’on puisse trouver dans tout le Royaume-Uni !

Pitman but une gorgée, reposa le verre sur la table, et soupira.

— En vérité, vous êtes bien le plus triste compagnon que l’on puisse rêver pour un jour de congé ! s’écria Michel. Si c’est là tout ce que vous entendez au whisky, fini, mon vieux, vous n’en aurez plus ; et, pendant que j’achèverai la bouteille, vous allez à votre tour vous mettre à l’ouvrage ! car, — poursuivit-il, — j’ai fait une gaffe abominable : j’aurais dû vous envoyer commander la charrette avant votre déguisement ! Mais aussi, Pitman, mon ami, il faut bien dire que vous n’êtes bon à rien ! Pourquoi ne m’avez-vous pas fait penser à cela ?