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Page:Stevenson - Le Mort vivant.djvu/142

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— Hé ! mon pauvre Pitman, il faut bien que l’un de nous deux ait ce courage, et je crains que ce ne soit pas vous qui l’ayez jamais ! Passez de l’autre côté de la table, tournez le dos, et préparez-moi un grog ! C’est ce qu’on appelle la division du travail !

Deux minutes après, Pitman entendit refermer la porte du cabinet.

— Là ! déclara Michel. Voilà qui a tout de suite un air plus intime ! Vous pouvez vous retourner, intrépide Pitman ! Est-ce mon grog ? — demanda-t-il en prenant un verre des mains de l’artiste. — Mais, que le ciel me pardonne, c’est une limonade !

— Oh ! Finsbury, par pitié, qu’allons-nous faire de cela ? murmura Pitman en posant sa main sur l’épaule de son ami.

— Ce que nous allons en faire ? L’enterrer au milieu de votre jardin, et, par-dessus, ériger une de vos statues en manière de monument funèbre ! Mais, d’abord, mettez-moi un peu de gin là-dedans !

— Monsieur Finsbury, par pitié, ne vous moquez pas de mon malheur ! cria l’artiste. Vous voyez devant vous un homme qui a été toute sa vie — je n’hésite pas à le dire — éminemment respectable. À l’exception de la petite contrebande