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Page:Stevenson - Le Mort vivant.djvu/137

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Michel se confectionna un grog et offrit un cigare à son ami.

— Non, merci ! dit Pitman. J’avais la faiblesse d’aimer beaucoup le tabac, autrefois ; mais, vous savez, l’odeur est si tenace, sur les habits !

— Parfait ! dit l’avoué. Maintenant, je suis en état de vous écouter. Allez-y de votre histoire !

Et le pauvre Pitman, complaisamment, étala ses angoisses. Il était allé tout à l’heure à la Gare de Waterloo, espérant y trouver son Hercule ; et on lui avait donné, au lieu du colosse attendu, un baril à peine assez grand pour contenir le Discobole. Pourtant, chose tout à fait extraordinaire, le baril lui était adressé, et venait de Marseille, — d’où devait venir l’Hercule ; — et l’adresse était bien de la main de son correspondant italien. Et puis, chose plus extraordinaire encore, il avait appris qu’une caisse d’emballage gigantesque était arrivée par le même train, mais ayant une autre adresse, et une adresse désormais impossible à découvrir. « Le camionneur chargé de la porter s’est saoulé, et a répondu à mes questions en des termes que je rougirais de vous répéter. Il a été aussitôt mis à pied par le chef de service, qui a, d’ailleurs, été très aimable, et m’a promis de prendre des renseignements à Southampton. Mais, en attendant, que devais-je faire ? J’ai