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Page:Stevenson - Le Mort vivant.djvu/134

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ticulier. Pitman avait rencontré l’avoué, quatre ans auparavant, à Chelsea, dans une réunion d’artistes ; ils étaient revenus ensemble, étant voisins ; et Michel, qui était, au fond, un excellent garçon, n’avait point cessé, depuis lors, d’accorder à son petit voisin une amitié un peu dédaigneuse, mais secourable et sûre.

— Non ! dit la vieille femme de ménage des Finsbury, qui était venue ouvrir la porte, M. Michel n’est pas encore rentré ! Mais vous paraissez tout mal à l’aise, monsieur Pitman ! Venez prendre un verre de sherry, monsieur, pour vous remonter !

— Merci, madame ! pas aujourd’hui ! répondit l’artiste. Vous êtes bien bonne, mais je me sens trop déprimé pour boire du sherry. Veuillez seulement, sans faute, remettre ce billet à M. Michel, et priez-le de passer un instant chez moi ! Qu’il vienne par la porte de derrière, donnant sur la ruelle : je resterai toute la soirée dans mon atelier !

Et il s’en retourna dans sa rue, et, lentement, rentra chez lui. Au coin de King’s Road, la vitrine d’un coiffeur, attira son attention. Longtemps il considéra la fière, noble, superbe dame en cire qui évoluait au centre de cette vitrine. Et, à ce spectacle, l’artiste se réveilla en Pitman, malgré les angoisses de l’homme privé.

« On a beau jeu à se moquer de ceux qui font