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Page:Stevenson - Le Mort vivant.djvu/121

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Là, de l’air le plus indifférent qu’il put se donner, il présenta son faux au gros Écossais roux à qui il avait affaire, d’habitude, lorsqu’il venait toucher ou déposer des fonds. L’Écossais parut surpris à la vue du chèque ; puis il le retourna dans un sens et dans l’autre, examina même la signature à travers une loupe ; et sa surprise sembla se changer en un sentiment plus défavorable encore. « Voudriez-vous m’excuser un moment ? » dit-il enfin au malheureux Maurice, en s’enfonçant dans les plus lointaines profondeurs de la maison de banque. Et, lorsqu’il revint, après un intervalle assez long, il était accompagné d’un de ses chefs, un petit monsieur vieillot et grassouillet, mais, cependant, de ceux dont on dit qu’ils sont « hommes du monde jusqu’au bout des doigts ».

— M. Maurice Finsbury, je crois ? demanda le petit homme du monde en mettant son lorgnon sur son nez pour mieux voir Maurice.

— Oui, monsieur ! répondit Maurice en tremblant. Y a-t-il… est-ce qu’il y a quelque chose qui ne va pas ?

— C’est que… voilà ce que c’est, monsieur Finsbury : nous sommes un peu étonnés de recevoir ceci ! expliqua le banquier, en désignant le chè-