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Page:Stevenson - Le Mort vivant.djvu/113

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sais bien ce que ferait, à ma place, tout autre homme dans la chrétienté ! Tout autre homme, à ma place, ferait des faux : excepté que, dans mon cas, cela ne pourrait pas s’appeler des faux, puisque l’oncle Joseph est mort, et que l’argent m’appartient. Quand je pense à cela, quand je pense que mon oncle est mort sous mes jeux, et que je ne peux pas prouver qu’il est mort, ma gorge se serre en présence d’une telle injustice ! Autrefois, je me sentais rempli d’amertume au souvenir de mes 7.800 livres : qu’était-ce que cette misérable somme, en comparaison de ce que je perds à présent ? C’est-à-dire que, jusqu’au jour d’avant-hier, j’étais parfaitement heureux ! »

Et Maurice arpentait les trottoirs, avec de profonds soupirs.

« Et puis ce n’est pas tout ! songeait-il. Mais pourrai-je faire ces faux ? Arriverai-je à contrefaire l’écriture de mon oncle ? En serai-je capable ? Pourquoi n’ai-je pas pris plus de leçons d’écriture, quand j’étais enfant ? Ah ! comme je comprends maintenant les admonitions de mes professeurs, nous prédisant que nous regretterions plus tard de n’avoir pas mieux profité de leurs enseignements ! Ma seule consolation est que, même si j’échoue, je n’aurai rien à craindre, — de la part de ma conscience, du moins. Et si je