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Page:Stevenson - Le Mort vivant.djvu/112

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— Oh ! mais je vois que l’affaire est bien unilatérale ! s’écria Maurice. Décidément, cette méthode n’a pas autant de valeur que j’avais supposé !

Il chiffonna la feuille de papier et la mit dans sa poche : puis, aussitôt, il la retira de sa poche, la déplia, et la relut d’un bout à l’autre.

— D’après ce résumé des faits, se dit-il, je vois que c’est au point de vue financier que ma position est le plus faible. N’y aurait-il donc vraiment aucun moyen de trouver des fonds ? Dans une grande ville comme Londres, et entouré de toutes les ressources de la civilisation, on ne me fera pas croire qu’une chose aussi simple me soit impossible. Allons ! allons ! pas tant de précipitation ! D’abord, n’y a-t-il rien que je puisse vendre ? Ma collection de bagues à cachets ?

Mais à la pensée de se séparer de ces chers trésors, Maurice sentit que le sang lui affluait aux joues.

— Non ! j’aimerais mieux mourir ! se dit-il.

Et, jetant sur la table une pièce d’un shilling, il s’enfuit dans la rue.

— Il faut absolument que je trouve des fonds ! reprit-il. Mon oncle étant mort, l’argent déposé à la banque est à moi : je veux dire qu’il devrait être à moi, sans cette maudite fatalité qui me poursuit depuis que j’étais un orphelin en tutelle ! Je