Ouvrir le menu principal

Page:Stevenson - Le Mort vivant.djvu/107

Cette page a été validée par deux contributeurs.


cesse avec plus de chaleur, il envisagea les avantages qu’il y aurait pour lui à abandonner son entreprise. Cet abandon impliquait pour lui une perte d’argent : mais, en somme, et après tout, pas une très grosse perte : celle seulement de la tontine, sur laquelle il n’avait jamais compté tout à fait. Il retrouva au fond de sa mémoire certains traits établissant qu’en effet jamais il n’avait cru bien sérieusement aux profits de la tontine. Non, jamais il n’y avait cru, jamais il n’avait eu l’espoir certain de recouvrer ses 7.800 livres ; et, s’il s’était embarqué dans cette aventure, c’était uniquement pour parer à la déloyauté, trop manifeste, de son cousin Michel. Il le voyait clairement à présent : mieux valait pour lui se retirer au plus vite de l’aventure, pour transporter tous ses efforts sur l’affaire des cuirs…

— Seigneur ! s’écria-t-il tout à coup en bondissant dans son fiacre comme un diable dans sa boîte à malice. Seigneur ! Mais je n’ai pas seulement perdu la tontine ! J’ai encore perdu l’affaire des cuirs par-dessus le marché !

Pour monstrueux que fût le fait, il était rigoureusement vrai. Maurice n’avait point pouvoir pour signer, au nom de son oncle. Il ne pouvait pas même émettre un chèque de trente shillings. Aussi longtemps qu’il n’aurait pas produit