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Page:Stevenson - Le Mort vivant.djvu/105

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Il a demandé à parler au chef de service, et on a fait venir Tom, le facteur, celui qui avait conduit la caisse. Eh bien ! monsieur — poursuivit Bill avec un sourire — jamais je n’ai vu un homme dans un était pareil ! Ivre-mort, monsieur ! À ce que j’ai cru comprendre, il y avait eu un monsieur, évidemment fou, qui avait donné à ce brave Tom une livre sterling de pourboire, et voilà d’où était venu tout le mal, comprenez-vous ?

— Mais enfin, qu’est-ce qu’il a dit ? haleta Maurice.

— Ma foi ! monsieur, il n’était guère en état de dire grand-chose ! répondit Bill. Mais il a offert de se battre à coups de poing avec ce Pitman pour une pinte de bière. Il avait perdu son livre, aussi, et ses reçus ; et son compagnon était encore plus saoul que lui, si possible. Oh ! monsieur, ils étaient tous les deux comme…. comme des lords ! Et le chef de service leur a réglé leur compte séance tenante.

« Allons ! voilà qui n’est point si mauvais ! » songea Maurice, avec un soupir de soulagement. Puis, s’adressant au porteur :

— Et ainsi, ces deux hommes n’ont pas pu dire où ils avaient conduit la caisse ?

— Non, répondit Bill, ni ça ni autre chose !