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LE CHEVALIER DE SAINT-ISMIER


lui sembla pavée en carreaux de marbre. Il regardait de tous les côtés pour voir s’il ne trouverait personne à qui parler.

« Ceci est une maison riche, se disait-il. C’est tout ce qui peut m’arriver de plus heureux ; si je trouve un domestique de bonne maison il sera sensible à l’écu que je lui offrirai et me conduira à l’hôtel de Miossens. Qui sait même si, en lui donnant deux écus, il ne consentira pas à me cacher un jour ou deux dans sa chambre, et même, qui sait, à devenir pour un temps mon domestique ? Ce serait assurément ce qui pourrait m’arriver de plus heureux. »

Dans cet espoir, Saint-Ismier trouva un escalier qu’il monta. Cet escalier s’arrêtait au premier étage vis-à-vis une grande fenêtre qui était ouverte sur un balcon. Il était sur ce balcon, regardant de tous les côtés, lorsqu’il crut entendre quelque bruit dans l’escalier. Il n’hésita pas à passer en dehors du balcon sur une corniche en se retenant au volet de bois de la première fenêtre. Il parvint à un second balcon, qui n’était qu’à quelques pieds du premier. La fenêtre était ouverte, il entra. Il trouva un petit escalier qui lui sembla de marbre blanc et d’une grande magnificence. Arrivé au second étage il trouva une portière, laquelle lui sembla garnie de clous dorés. Il vit comme un peu de