Ouvrir le menu principal

Page:Stendhal - Mémoires d’un Touriste, I, Lévy, 1854.djvu/94

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.
90
ŒUVRES DE STENDHAL.

teur habile, a cru voir que la France peut se diviser, sous le rapport des pluies, en deux régions. Dans la région n°1, il y a des pluies de printemps et d’automne ; dans la région n°2, il y a des pluies d’été. Le n°2 est au midi, le n°1 est au nord ; mais la ligne qui sépare ces deux grandes divisions est fort différente d’une ligne droite. Elle est excessivement serpentante ; c’est ce que l’on comprendra facilement, si l’on veut se rappeler que cette ligne dépend beaucoup des montagnes et des différentes hauteurs du sol.

Si l’on veut se figurer qu’une de ces billes rondes de marbre avec lesquelles jouent les enfants est suspendue dans un œuf, de façon que le diamètre de la bille qui figure la terre se confond avec le petit diamètre de l’œuf, la coquille de cet œuf marquera le point où les neiges sont éternelles sur le sommet des hautes montagnes. Sous l’équateur, il faut une montagne d’une hauteur énorme, pour que la neige y tienne au mois de juillet.

Sous l’équateur, les neiges ne seront éternelles qu’à quinze mille pieds de haut, c’est ce qui est représenté par les deux pointes de l’œuf. En Suède, au contraire, les neiges sont éternelles à quatre ou cinq mille pieds de hauteur.

Vous voyez donc avec facilité comment des montagnes plus ou moins hautes dérangent la température et la ligne des pluies en France.

Il est évident qu’il faut deux genres de culture dans la région n°1, où il y a des pluies de printemps et d’automne, et dans la région n°2 (le midi de la France), où il n’y a que des pluies d’été.

La ligne qui sépare les deux régions observées par M. de Gasparin passe près de Paris. De là ce climat trop variable qui contribue à nous rendre imbéciles dès soixante-cinq ans.

Il y a une autre ligne curieuse à observer, et qui passe aussi bien près de Paris, c’est celle des vignes. Elle va à peu près de Nantes à Coblentz. C’est en vain que l’Italie, avec son beau so-