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Page:Stendhal - Mémoires d’un Touriste, I, Lévy, 1854.djvu/93

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MÉMOIRES D’UN TOURISTE.

Troisième chaîne.

Un petit angle curviligne est dessiné par des montagnes qui, de Cahors, remontent au nord-est jusqu’à Saint-Pourçain, et forment sur leur passage le col de Cabres et le mont Dor. À Mont-Marault, cette chaîne court au sud-ouest jusqu’à Chalus, près Limoges.

Il ne faut pas oublier, si l’on veut se faire une idée complète du sol de la France, une petite chaîne de Châtaigneraie à Civray et à Lousignac, près Saint-Jean-d’Angely. Par de petites collines vers Confolens, elle se lie de Chalus à Mont-Marault, par Saint-Germain-la-Courtine et Montaigu.

Quatrième chaîne.

Une petite chaîne nord et sud va du Poteau, au midi de Bazas, aux Pyrénées, vers Ansizan.

Cinquième chaîne.

Il est inutile de parler du mont Jura, qui de Bâle arrive à Belley, et des Alpes, qui, venues de Juderbourg et du Brenner, forment le mont Blanc et descendent au midi jusqu’à Vintimille, où elles se perdent dans la mer pour reparaître en Corse. À l’occident, les Alpes remplissent tout le Dauphiné jusqu’au mont Venteux près d’Avignon ; à l’orient, au contraire, elles s’abaissent subitement avant Turin. Là, commence cette immense plaine, la plus belle du monde civilisé, que les Gaulois conquirent jadis et semèrent de villes. Milan, Crémone, etc. Cette plaine s’étend de Turin à Venise et de Brescia à Bologne.

Je demande pardon au lecteur de ces pages sérieuses, mais ce n’est qu’après les avoir écrites pour moi que j’ai compris le sol de la France.

Je vais maintenant parler de la pluie et du beau temps.

À la suite d’observations ingénieuses, M. de Gasparin, qui avant d’être ministre de l’Intérieur avait été longtemps agricul-