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Page:Stendhal - Mémoires d’un Touriste, I, Lévy, 1854.djvu/138

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ŒUVRES DE STENDHAL.

la Méditerranée, mais mêlés aux Gaels ; on les appelait alors les Ligures. La même race possédait la plus grande partie de la côte occidentale de la France. L’un de nous, qui a passé six mois à Brest, il y a deux ans, les a reconnus dans le Finistère, avec tous les caractères qui les distinguent. Ils paraissent être venus en ce pays avant les Gaels. Les Ibères ont la tête un peu longue et étroite dans toute son étendue, mais surtout vers le bas. L’arcade sourcilière avance en ombrageant l’œil, qui est fendu en amande. Le nez est prononcé, recourbé, long ; il a les ailes plus relevées que la pointe. Le menton est droit, les pommettes sont saillantes. La taille est un peu au-dessus de la moyenne ; ils sont bien proportionnés et fort lestes. Leurs cheveux sont souvent d’un noir bleu. Henri IV donne une idée assez exacte de la race ibère au physique comme au moral. Ce caractère se rapproche beaucoup de celui des Français ; mais il a des traits qui lui sont propres, par exemple, la place considérable que l’amour prend dans leur vie. Henri IV fit les plus insignes folies pour les femmes, non pas une fois comme Marc-Antoine et à la fin d’une vie rassasiée de succès, mais dans tous les temps, et même dans les moments où il y avait gros à parier qu’il serait empoisonné par la cour catholique de Paris, comme son père. Il était follement épris d’une jeune fille lorsqu’il fut tué, et il avait cinquante-cinq ans ; voir sa singulière déclaration à Bassompierre, qui était amoureux de cette jeune personne, depuis princesse de Condé. L’histoire a conservé les noms de cinquante-deux maîtresses de Henri IV.

Les Germains, descendus des Francs, occupent le nord-est de la France, l’Alsace, etc. On les rencontre en ce pays avec leurs caractères distinctifs, l’amour de la guerre, la loyauté, etc. Ces Francs sont d’une stature élevée ; ils ont la tête carrée, et le nez à peu près droit, sans être recourbé ni en haut ni en bas ; la distance du nez au bas du menton tend à être plus grande que la longueur du nez. Les ailes du nez de la race allemande sont grosses et charnues, ce qui fait contrate avec les Ibères. (Voir