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Page:Stendhal - Mémoires d’un Touriste, I, Lévy, 1854.djvu/11

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INTRODUCTION


(inédite)




Je vais dire ce que j’ai fait, ou plutôt ce qu’on a fait de moi, depuis bientôt trente-quatre ans que je suis dans ce monde.

Mon père, homme sévère et qui était parvenu, à force de travail, à se faire un nom dans une profession savante, me répétait tous les jours que j’étais pauvre, et me fit donner une excellente éducation ; mais ce ne fut pas sans peine, du moins de ma part.

Je n’ai point connu les joies de l’enfance, et ma vie a toujours été sévère. À dix ans, je travaillais dix heures par jour au grec, au latin, aux mathématiques, etc. Ce fut avec grande peine que le rigorisme paternel m’accorda la musique et le dessin, mais à la condition que je me lèverais une heure plus tôt chaque matin, et cependant déjà je ne dormais guère.

À seize ans, je travaillais dans un bureau de douane ; le