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PRÉFACE DE L’ÉDITEUR

Voici le livre d’un amoureux, le livre d’un homme qui, passant un jour en revue les femmes qu’il avait aimées, avouait naïvement que la plupart de ces êtres charmants ne l’avaient point honoré de leurs bontés, mais qu’elles avaient à la lettre occupé sa vie. Un peu plus loin, au cours de ses confidences, ce même homme ajoutait : « L’amour a toujours été pour moi la plus grande des affaires ou plutôt la seule. » Et pour attester, comme s’il en était besoin, la véracité de ce propos, Mérimée, ami clairvoyant et sans complaisance, vient affirmer à son tour qu’il a toujours connu Stendhal amoureux ou croyant l’être.

Rien donc de plus naturel pour cet écrivain amoureux que de déverser ses constantes préoccupations dans un livre. Ce livre est incomplet, mais vif, piquant, et on le relit encore avec plaisir et intérêt cent ans après son apparition, car, ainsi que le disait déjà Duvergier de Hauranne, dans