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Page:Stendhal - Chroniques italiennes, Lévy, 1855.djvu/98

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rapidement du couvent et de la ville. Je laisserai deux de vous près de la porte, ils tireront une vingtaine de coups d’arquebuse, de minute en minute, pour effrayer les bourgeois et les tenir à distance.

Jules répéta deux fois cette explication.

— Avez-vous bien compris ? dit-il à ses gens. Il fera nuit sous ce vestibule ; à droite le jardin, à gauche la cour ; il ne faut pas se tromper.

— Comptez sur nous, s’écrièrent les soldats. — Puis ils allèrent boire ; le caporal ne les suivit point et demanda la permission de parler au capitaine.

— Rien de plus simple, lui dit-il, que le projet de votre seigneurie. J’ai déjà forcé deux couvens en ma vie, celui-ci sera le troisième ; mais nous sommes trop peu de monde. Si l’ennemi nous oblige à détruire le mur qui soutient les gonds de la seconde porte, il faut songer que les bravi de la caserne ne resteront pas oisifs durant cette longue opération ; ils vous tueront sept à huit hommes à coups d’arquebuse, et alors on peut nous enlever la femme au retour. C’est ce qui nous est arrivé dans un couvent près de Pologne : on nous tua cinq hommes, nous en tuâmes huit ; mais le capitaine n’eut pas la femme. Je propose à votre seigneurie deux choses : je connais quatre paysans des environs de cette auberge où nous sommes, qui ont servi bravement sous Sciarra et qui pour un sequin se battront toute la nuit comme des lions. Peut-être ils voleront quelque argenterie du couvent ; peu vous importe, le péché est pour eux ; vous, vous les soldez pour avoir une femme, voilà tout. Ma seconde