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Page:Stendhal - Chroniques italiennes, Lévy, 1855.djvu/95

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Castro, il arrivait avec huit ; et toutefois quatorze soldats, quelques braves qu’ils fussent, lui paraissaient insuffisans pour son entreprise, car le couvent était comme un château-fort.

Il s’agissait de passer par force ou par adresse la première porte du couvent ; puis il fallait suivre un passage de plus de cinquante pas de longueur. A gauche, comme on l’a dit, s’élevaient les fenêtres grillées d’une sorte de caserne où les religieuses avaient placé trente ou quarante domestiques, anciens soldats. De ces fenêtres grillées partirait un feu bien nourri dès que l’alarme serait donnée.

L’abbesse régnante, femme de tête, avait peur des exploits des chefs Orsini, du prince Colonna, de Marco Sciarra et de tant d’autres qui régnaient en maîtres dans les environs. Comment résister à huit cents hommes déterminés, occupant à l’improviste une petite ville telle que Castro, et croyant le couvent rempli d’or ?

D’ordinaire, la Visitation de Castro avait quinze ou vingt bravi dans la caserne à gauche du passage qui conduisait à la seconde porte du couvent ; à droite de ce passage il y avait un grand mur impossible à percer ; au bout du passage on trouvait une porte en fer ouvrant sur un vestibule à colonnes ; après ce vestibule était la grande cour du couvent, à droite le jardin. Cette porte en fer était gardée par la tourière.

Quand Jules, suivi de ses huit hommes, se trouva à trois lieues de Castro, il s’arrêta dans une auberge écartée pour laisser passer les heures de la grande chaleur. Là seulement il déclara son projet ; ensuite il dessina sur