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Page:Stendhal - Chroniques italiennes, Lévy, 1855.djvu/65

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Jules arrivait tout près du quatrième bourreau, celui-ci, se voyant environné de plus de dix cavaliers, déchargea un pistolet à bout portant sur le malheureux Balthazar Bandini, qui tomba.

— Mes chers seigneurs, nous n’avons plus que faire ici, s’écria Branciforte, sabrons ces coquins de sbires qui s’enfuient de toutes parts. — Tout le monde le suivit.

Lorsque, une demi-heure après, Jules revint auprès de Fabrice Colonna, ce seigneur lui adressa la parole pour la première fois de sa vie. Jules le trouva ivre de colère ; il croyait le voir transporté de joie, à cause de la victoire qui était complète et due tout entière à ses bonnes dispositions ; car les Orsini avaient près de trois mille hommes, et Fabrice à cette affaire n’en avait pas réuni plus de quinze cents.

— Nous avons perdu votre brave ami Ranuce, s’écria le prince en parlant à Jules, je viens moi-même de toucher son corps ; il est déjà froid. Le pauvre Balthazar Bandini est mortellement blessé. Ainsi, au fond, nous n’avons pas réussi. Mais l’ombre du brave capitaine Ranuce paraîtra bien accompagnée devant Pluton. J’ai donné l’ordre que l’on pende aux branches des arbres tous ces coquins de prisonniers. N’y manquez pas, messieux, s’écria-t-il en haussant la voix. — Et il repartit au galop pour l’endroit où avait eu lieu le combat d’avant garde. Jules commandait à peu près en second la compagnie de Ranuce ; il suivit le prince qui, arrivé près du cadavre de ce brave soldat qui gisait