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Page:Stendhal - Chroniques italiennes, Lévy, 1855.djvu/345

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à MM. de Blancey, de Quintin, de Neuilly, Bouhier, Courtois, et même à M. de Buffon, ce savant guindé qui, par l’intrigue, le savoir-faire et la prudence, ressemblait si fort à ceux d’aujourd’hui.

M. de Brosses, né en 1709, devint président au parlement de Dijon en 1741, et ne prit congé de ce monde qu’en 1777. Déjà fort vieux, à l’époque de son second mariage, il dit un mot plaisant, tout à fait dans le style de ses lettres, mais qu’il m’est impossible même d’indiquer ici. Pour qu’une telle liberté me fût permise, il faudrait que les pages précédentes fussent écrites en style grave et moral, plus ennuyeux que le mot n’est plaisant.

Voltaire empêcha M. de Brosses d’être de l’Académie française ; mais l’Académie des inscriptions et belles-lettres lui ouvrit ses portes en 1735, comme on dit en style d’Académie. M. de Brosses donna au public une traduction de Salluste, une Histoire de la République romaine pendant le septième siècle de Rome : Catilina, César, Cicéron, etc. ; une Histoire du Langage, etc., etc., bons livres oubliés ; il ne sera connu dans l’avenir que par ses charmantes Lettres sur l’Italie ; elles seront d’autant plus goûtées que personne ne peut plus écrire ainsi. Pétrarque comptait sur son grand poème latin de l'Afrique pour voir continuer dans la postérité la gloire immense dont il jouissait de son vivant, et il est immortel comme la Fontaine pour trente sonnets divins, cachés dans un recueil qui en compte deux cents de médiocres et autant d’inintelligibles.

Rien, au contraire, n’est plus clair que le style du