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Page:Stendhal - Chroniques italiennes, Lévy, 1855.djvu/335

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religion nous enseigne à placer des crucifix auprès de la dernière demeure des personnes qui nous ont été chères, de même chez ce peuple primitif on plaçait des vases ou au moins des coupes dans le tombeau de ceux qu’on voulait honorer.

Un M. Dempstev, savant archéologue de Florence, a publié, il y a plusieurs années, en dix volumes in-folio, l’histoire des systèmes inventés de son temps. Je connais six ou huit volumes in-8° allemands, dont chacun prétend résoudre définitivement la question qui nous occupe. Plusieurs de ces ouvrages sont écrits avec beaucoup de science ; tous se moquent fort de la logique et admettent comme preuve irréfragable de belles phrases pompeuses, ou bien, comme Niebuhr, prouvent une certaine chose, ajoutent une supposition à la chose prouvée, et, deux pages après, parlent de la supposition comme d’un fait incontestable ; c’est ainsi que l’on est un grand homme au-delà du Rhin. Tout ce que Ton peut accorder à ces messieurs, qui se moquent de notre légèreté, c’est qu’ils savent par cœur quinze historiens ou poètes anciens. Ce n’est pas peu ; une tête qui contient cela peut-elle contenir autre chose ?

Je n’ai retenu que deux faits suffisamment prouvés de tous ces ouvrages allemands.

Les vases découverts dans les tombeaux de Tarquinies, situés à neuf heures de Rome, n’ont pas été connus des Romains et leur sont antérieurs. Pline fut un homme exact, genre de mérite fort rare dans l’antiquité ; comme tous les Romains, il était avant tout citoyen de sa répu-