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Page:Stendhal - Chroniques italiennes, Lévy, 1855.djvu/332

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de Montalto, où M. Manzi vient de découvrir un vase peint estimé quatre-vingts louis. Les ouvriers d’Aquila, en approchant de la petite porte du tombeau qui contenait ce magnifique vase, trouvèrent des morceaux de charbon et deux cercles de roues en fer ; ils en conclurent que le personnage placé dans ce tombeau était un guerrier célèbre, et qu’on avait brûlé son char de guerre à la porte de son tombeau.

Les vases se trouvent, dans ces petites chambres souterraines, placés dans toute sorte de positions, tantôt sur les étagères ou plutôt dans les niches creusées le long des murs, tantôt suspendus à des clous fixés à ces murs. M. Donato Bucci avait dans ses magasins, à Civita-Vecchia, des coupes qui, après avoir été suspendues à des clous pendant une longue suite de siècles, ont fini par y adhérer, et ont emporté, fixée à une de leurs anses, une partie du clou oxydé auquel elles étaient attachées.

Une société d’amateurs des arts écrit de Rome à Civita-Vecchia ; on lui procure une permission de fouiller dans une des nécropoles environnantes ; on engage pour elle une compagnie de neuf ouvriers d’Aquila, qui, à vingt-cinq sous par tête, coûte onze francs cinq sous par jour, et en dix journées, c’est-à-dire pour cent douze francs cinquante centimes, on peut voir exécuter sous ses yeux une fort jolie fouille. On trouve là le même genre de plaisir qu’à la chasse. Il est fort rare qu’en dix jours on ne découvre pas pour une centaine de francs de vases. Si l’on rencontre un tombeau non encore exploré, on trouve des sièges et des flambeaux de bronze, sou-