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Page:Stendhal - Chroniques italiennes, Lévy, 1855.djvu/331

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édifice isolé, haut de vingt, trente ou même soixante pieds, et placé sur le côté d’une voie consulaire, dans une situation apparente. Un Étrusque croyait, au contraire, ne pouvoir trop cacher le tombeau d’un être qui lui fut cher. Cette coutume lui venait-elle de l’Égypte ?

Le cimetière antique de Tarquinies est celui que les étrangers visitent le plus ordinairement, par la raison que l’on peut y aller de Rome en neuf heures. Cette nécropole est à un mille de Corneto, jolie petite ville remarquable par des édifices remplis de caractère et située elle-même à dix-neuf lieues de Rome. La nécropole de Tarquinies était vingt fois grande comme la ville, ce qui est fort naturel, quand on bâtit des cimetières éternels. C’est dans cette nécropole que MM. Bucci et Manzi de Civita-Vecchia ont pratiqué des fouilles étendues. Ce cimetière a une lieue et demie de long sur trois quarts de lieue de large.

À l’exception de quelques petits monticules, rien ne parait à l’extérieur ; on ne voit qu’une plaine nue, garnie de broussailles et presque de niveau avec le coteau sur lequel Corneto est bâtie ; on domine la mer, qui n’est qu’à une petite lieue de distance. L’amour de la culture, qui commence à renaître dans les environs de Rome, a profité, pour planter des oliviers, des longs fossés creusés pour aller à la recherche des tombeaux. La magnifique route due à la munificence du pape Grégoire XVI, et qui de Rome conduit à Pise, en suivant toujours le bord de la mer, passe à dix minutes de la nécropole de Tarquinies et tout près de la petite nécropole