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Page:Stendhal - Chroniques italiennes, Lévy, 1855.djvu/327

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pièce (onze francs) des vases qui valaient deux louis à Rome et six louis à Londres.

Vers 1802, des Anglais, amis du célèbre John Forsyth, qui étaient venus à Civita-Vecchia pour la chasse du sanglier, ayant été conduits tout à fait sur le bord de la mer, vers Montalto, trouvèrent les soldats chargés de garder les tours placées le long du rivage qui, pour se désennuyer, tiraient à la cible avec leurs fusils de munition sur de beaux vases peints de deux pieds de haut. Ces vases, quoique atteints déjà de plusieurs balles, furent payés fort cher par les Anglais. Plusieurs hasards du même genre ont mis les vases en grand honneur parmi les paysans des environs de Canino, Montalto, Corneto, Civita-Vecchia et Cervetri.

M. Donato Bucci, amateur passionné, ancien négociant en draps, commerce qu’il a abandonné pour celui des vases, a acquis des possesseurs du terrain le droit de fouiller dans de vastes localités. Comme les tombeaux étrusques sont de petites caves soigneusement recouvertes de trois ou quatre pieds de terre, rien ne parait à l’extérieur ; il faut aller à la découverte. À cet effet, M. Bucci fit creuser tout au travers de la plaine des fossés fort étroits, de six pieds de profondeur, et qui avaient quelquefois quatre ou cinq cents pas de long. Si, sur cent tombeaux que l’on rencontre, on en trouve un seul qui n’ait pas été dévalisé anciennement, la spéculation est excellente. Les ouvriers que l’on emploie et qui viennent d’Aquila, dans le royaume de Naples, sont payés à raison de vingt-trois bajocchi (vingt-cinq sous)