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Page:Stendhal - Chroniques italiennes, Lévy, 1855.djvu/321

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diable de grand cœur le caprice qui les a poussés — en Italie par exemple. Il faudrait, avant de monter en malle-poste ; rendre justice à son âme et se demander fort sérieusement si l’on ne préfère pas à tout un déjeuner servi par des garçons bien vêtus et répondant à des impatiences de bon ton exactement comme ceux du Café de Paris.

Parmi ces voyageurs qui n’ont pas fait bien exactement leur examen de conscience, un des plus plaisants est peut-être celui que je rencontrai, il y a quelque temps, à Corneto, où il était allé visiter la nécropole de l’ancienne ville de Tarquinies, celle-là précisément qui fut la patrie des deux Tarquins, rois de Rome. On voit qu’il ne s’agit pas de choses d’hier. En effet, la curiosité qui depuis quelques années seulement attire les voyageurs à Corneto et à Civita-Vecchia a pour objet des tombeaux qui remontent à deux mille ans au moins, et peut-être à quatre mille ; rien ne saurait arrêter les conjectures.

Seulement il me semble suffisamment prouvé que la curiosité romaine n’a eu aucune connaissance de ces tombeaux, qui, en effet, sont soigneusement cachés sous trois pieds de terre. Mon voyageur parisien s’attendait apparemment à trouver de jolies petites statues dorées et posées sous de belles glaces, dans des armoires de palissandre. Au lieu de cela, un guide vêtu en paysan lui offrit de descendre dans des tombeaux terreux à peine fermés par des portes grossières, qui s’ouvrent sous l’effort de grosses clés d’un pied de long, et, pour