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Page:Stendhal - Chroniques italiennes, Lévy, 1855.djvu/296

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il fut seul, il résolut de ne plus songer à la jeune Romaine qui l’avait oublié, et de consacrer toutes ses pensées au devoir de délivrer l’Italie des barbares.

Deux jours après, Missirilli vit dans le rapport des arrivées et des départs qu’on lui adressait, comme chef de vente, que la princesse Vanina venait d’arriver à son château de San Nicolô. La lecture de ce nom jeta plus de trouble que de plaisir dans son âme. Ce fut en vain qu’il crut assurer sa fidélité à la patrie en prenant sur lui de ne pas voler le soir même au château de San Nicolô ; l’idée de Vanina, qu’il négligeait, l’empêcha de remplir ses devoirs d’une façon raisonnable. Il la vit le lendemain ; elle l’aimait comme à Rome. Son père, qui voulait la marier, avait retardé son départ. Elle apportait deux mille sequins. Ce secours imprévu servit merveilleusement à accréditer Missirilli dans sa nouvelle dignité. On fit fabriquer des poignards à Corfou ; on gagna le secrétaire intime du légat, chargé de poursuivre les carbonari. On obtint ainsi la liste des curés qui servaient d’espions au gouvernement.

C’est à cette époque que finit de s’organiser l’une des moins folles conspirations qui aient été tentées dans la malheureuse Italie. Je n’entrerai point ici dans des détails déplacés. Je me contenterai de dire que si le succès eût couronné l’entreprise, Missirilli eût pu réclamer une bonne part de la gloire. Par lui, plusieurs milliers d’insurgés