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Page:Stendhal - Chroniques italiennes, Lévy, 1855.djvu/275

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aurait été en mesure d’empêcher la nomination d’un ennemi.

Peu après, on arrêta le cardinal ainsi que le duc ; l’ordre de Philippe II était évidemment de les faire périr. Ils eurent à répondre sur quatorze chefs d’accusation. On interrogea tous ceux qui pouvaient donner des lumières sur ces quatorze chefs. Ce procès, fort bien fait, se compose de deux volumes in-folio, que j’ai lus avec beaucoup d’intérêt, parce qu’on y rencontre à chaque page des détails de mœurs que les historiens n’ont point trouvés dignes de la majesté de l’histoire. J’y ai remarqué des détails fort pittoresques sur une tentative d’assassinat dirigée par le parti espagnol contre le cardinal Carafa, alors ministre tout-puissant.

Du reste, lui et son frère furent condamnés pour des crimes qui n’en auraient pas été pour tout autre, par exemple, avoir donné la mort à l’amant d’une femme infidèle et à cette femme elle-même. Quelques années plus tard, le prince Orsini épousa la sœur du grand-duc de Toscane, il la crut infidèle et la fit empoisonner en Toscane même, du consentement du grand-duc son frère, et jamais la chose ne lui a été imputée à crime. Plusieurs princesses de la maison de Médicis sont mortes ainsi.

Quand le procès des deux Carafa fut terminé, on en fit un long sommaire, qui, à diverses reprises fut examiné par des congrégations de cardinaux. Il est trop évident qu’une fois qu’on était convenu de punir de mort le meurtre qui vengeait l’adultère, genre de crime dont la justice ne s’occupait jamais, le cardinal était coupable d'