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Page:Stendhal - Chroniques italiennes, Lévy, 1855.djvu/244

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LA DUCHESSE DE PALLIANO




Palerme, le 22 juillet 1838.


Je ne suis point naturaliste, je ne sais le grec que fort médiocrement ; mon principal but, en venant voyager en Sicile, n’a pas été d’observer les phénomènes de l’Etna, ni de jeter quelque clarté, pour moi ou pour les autres, sur tout ce que les vieux auteurs grecs ont dit de la Sicile. Je cherchais d’abord le plaisir des yeux, qui est grand en ce pays singulier. Il ressemble, dit-on, à l’Afrique ; mais ce qui, pour moi, est de toute certitude, c’est qu’il ne ressemble à l’Italie que par les passions dévorantes. C’est bien des Siciliens que l’on peut dire que le mot impossible n’existe pas pour eux dès qu’ils sont enflammés par l’amour ou la haine, et la haine, en ce beau pays, ne provient jamais d’un intérêt d’argent.