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Page:Stendhal - Chroniques italiennes, Lévy, 1855.djvu/238

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Ensuite, avec ce qui restait de Jacques Cenci, elles furent portées au palais du consul de Florence. A neuf heures et un quart du soir, le corps de la jeune fille, recouvert de ses habits et couronné de fleurs avec profusion, fut porté à Saint-Pierre in Montorio. Elle était d’une ravissante beauté ; on eût dit qu’elle dormait. Elle fut enterrée devant le grand autel et la Transfiguration de Raphaël d’Urbin. Elle était accompagnée de cinquante gros cierges allumés et de tous les religieux franciscains de Rome.

Lucrèce Petroni fut portée, à dix heures du soir, à l’église de Saint-Georges. Pendant cette tragédie, la foule fut innombrable ; aussi loin que le regard pouvait s’étendre, on voyait les rues remplies de carrosses et de peuple, les échafaudages, les fenêtres et les toits remplis de curieux. Le soleil était d’une telle ardeur ce jour-là que beaucoup de gens perdirent connaissance. Un nombre infini prit la fièvre ; et lorsque tout fut terminé, à dix-neuf heures (deux heures moins un quart), et que la foule se dispersa, beaucoup de personnes furent étouffées, d’autres écrasées par les chevaux. Le nombre de morts fut très considérable.

La signora Lucrèce Petroni était plutôt petite que grande, et, quoique âgée de cinquante ans, elle était encore