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Page:Stendhal - Chroniques italiennes, Lévy, 1855.djvu/237

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être touchée par le bourreau. Par la rapidité de ses mouvements, elle évita qu’au moment où son voile de taffetas lui fût ôté le public aperçût ses épaules et sa poitrine. Le coup fut longtemps à être donné, parce qu’il survint un embarras. Pendant ce temps, elle invoquait à haute voix le nom de Jésus-Christ et de la très-sainte Vierge. Le corps fit un grand mouvement au moment fatal. Le pauvre Bernard Cenci, qui était toujours resté assis sur l’échafaud, tomba de nouveau évanoui, et il fallut plus d’une grosse demi-heure à ses confortatori pour le ranimer. Alors parut sur l’échafaud Jacques Cenci, mais il faut encore passer sur des détails trop atroces. Jacques Cenci fut assommé (mazzolato).

Sur-le-champ, on reconduisit Bernard en prison, il avait une forte fièvre, on le saigna.

Quant aux pauvres femmes, chacune fut accommodée dans sa bière, et déposée à quelques pas de l’échafaud, auprès de la statue de Saint-Paul, qui est la première à droite sur le pont Saint-Ange. Elles restèrent là jusqu’à quatre heures et un quart après midi. Autour de chaque bière brûlaient quatre cierges de cire blanche.