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Page:Stendhal - Chroniques italiennes, Lévy, 1855.djvu/231

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La jeune fille, dans les premiers moments, ne pouvait même trouver des forces pour s’habiller. Elle jetait des cris perçants et continuels, et se livrait sans retenue au plus affreux désespoir.

— Comment est-ce possible, ah ! Dieu ! s’écriait-elle, qu’ainsi à l’improviste je doive mourir ?

Lucrèce Petroni, au contraire, ne dit rien que de fort convenable ; d’abord elle pria à genoux, puis exhorta tranquillement sa fille à venir avec elle à la chapelle, où elles devaient toutes deux se préparer à ce grand passage de la vie à la mort.

Ce mot rendit toute sa tranquillité à Béatrix ; autant elle avait montré d’extravagance et d’emportement d’abord, autant elle fut sage et raisonnable dès que sa belle-mère eut rappelé cette grande âme à elle-même. Dès ce moment elle a été un miroir de constance que Rome entière a admiré.

Elle a demandé un notaire pour faire son testament, ce qui lui a été accordé. Elle a prescrit que son corps fût à Saint-Pierre in Montorio ; elle a laissé trois cent mille francs aux Stimâte (religieuses des Stigmates de Saint François) ; cette somme doit servir à doter cinquante pauvres filles. Cet exemple a ému la signora Lucrèce, qui, elle aussi, a fait son testament et ordonné que son corps fût porté à Saint-Georges ; elle a laissé cinq cent mille francs d’aumônes à cette église et fait d’autres legs pieux.

A huit heures elles se confessèrent, entendirent la messe, et reçurent la sainte communion. Mais, avant d’