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Page:Stendhal - Chroniques italiennes, Lévy, 1855.djvu/227

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qui tuent leur père, et ensuite des avocats pour défendre ces hommes !

Tous restaient muets, lorsque Farinacci osa élever la voix.

— Très-saint-père, dit-il, nous ne sommes pas ici pour défendre le crime, mais pour prouver, si nous le pouvons, qu’un ou plusieurs de ces malheureux sont innocents du crime.

Le pape lui fit signe de parler, et il parla trois grandes heures, après quoi le pape prit leurs écritures à tous et les renvoya. Comme ils s’en allaient, l’Altieri marchait le dernier ; il eut peur de s’être compromis, et alla se mettre à genoux devant le pape, disant :

— Je ne pouvais pas faire moins que de paraître dans cette cause, étant avocat des pauvres.

A quoi le pape répondit :

— Nous ne nous étonnons pas de vous, mais des autres.

Le pape ne voulut point se mettre au lit, mais passa toute la nuit à lire les plaidoyers des avocats, se faisant aider en ce travail par le cardinal de Saint-Marcel ; Sa Sainteté parut tellement touchée, que plusieurs conçurent quelque espoir pour la vie de ces malheureux. Afin de sauver les fils, les avocats rejetaient tout le crime sur Béatrix. Comme il était prouvé dans le procès que plusieurs fois son père avait employé la force dans un dessein criminel, les avocats espéraient que le meurtre lui serait pardonné, à elle comme se trouvant dans le cas de légitime défense ; s’il en était ainsi, l’auteur principal du