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Page:Stendhal - Chroniques italiennes, Lévy, 1855.djvu/219

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— Qu’y a-t-il de nouveau ? s’écrièrent les femmes.

— Que c’est une bassesse et une honte, répondirent-ils, de tuer un pauvre vieillard endormi ! la pitié nous a empêchés d’agir.

En entendant cette excuse, Béatrix fut saisie d’indignation et commença à les injurier, disant :

— Donc, vous autres hommes, bien préparés à une telle action, vous n’avez pas le courage de tuer un homme qui dort ! bien moins encore oseriez-vous le regarder en face s’il était éveillé ! Et c’est pour en finir ainsi que vous osez prendre de l’argent ! Eh bien ! puisque votre lâcheté le veut, moi-même je tuerai mon père ; et quant à vous autres, vous ne vivrez pas longtemps !

Animés par ce peu de paroles fulminantes, et craignant quelque diminutiondans le prix convenu, les assassins rentrèrent résolument dans la chambre, et furent suivis par les femmes. L’un d’eux avait un grand clou qu’il posa verticalement sur l’œil du vieillard endormi ; l’autre, qui avait un marteau, lui fit entrer dans la tête. On fit entrer de cette même façon un autre grand clou dans la gorge, de façon que cette pauvre âme, chargée de tant de pêchés récents, fut enlevée par les diables ; le corps se débattit mais en vain.

La chose faite, la jeune donna à Olimpio une grosse bourse remplie d’argent ; elle donna à Marzio un manteau de drap garni d’un galon d’or, qui avait appartenu à son père, et elle les renvoya.