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Page:Stendhal - Chroniques italiennes, Lévy, 1855.djvu/216

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étaient en butte. Il paraît que Béatrix la première osa parler de vive voix à monsignor Guerra du projet auquel elles s’étaient arrêtées. Avec le temps il y donna les mains ; et, vivement pressé à diverses reprises par Béatrix, il consentit enfin à communiquer cet étrange dessein à Giacomo Cenci, sans le consentement duquel on ne pouvait rien faire, puisqu’il était le frère aîné et chef de la maison après François.

On trouva de grandes facilités à l’attirer dans la conspiration ; il était extrêmement maltraité par son père, qui ne lui donnait aucun secours, chose d’autant plus sensible à Giacomo qu’il s’était marié et avait six enfants. On choisit pour s’assembler et traiter des moyens de donner la mort à François Cenci l’appartement de monsignor Guerra. L’affaire se traita avec toutes les formes convenables, et l’on prit sur toutes choses le vote de la belle-mère et de la jeune fille. Quand enfin le parti fut arrêté, on fit choix de deux vassaux de François Cenci, lesquels avaient conçu contre lui une haine mortelle. L’un d’eux s’appelait Marzio ; c’était un homme de ccoeuroe ; ur, fort attaché aux malheureux enfants de François, et, pour faire quelque chose qui leur fût agréable, il consentit à prendre part au parricide. Olimpio, le second, avait été choisi pour châtelain de la forteresse de la Petrella, au royaume de Naples, par le prince Colonna ; mais, par son crédit tout-puissant auprès du prince, François Cenci l’avait fait chasser.

On convint de toute chose avec ces deux hommes ; François Cenci ayant annoncé que, pour éviter le mauvais