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Page:Stendhal - Chroniques italiennes, Lévy, 1855.djvu/198

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Ainsi, la religion, comme le pouvoir absolu tempéré par les chansons, qu’on appelle la monarchie française, a produit des choses singulières et curieuses que le monde n’eût jamais vues, peut-être s’il eût été privé de ces deux institutions.

Parmi ces choses bonnes ou mauvaises, mais toujours singulières et curieuses, et qui eussent bien étonné Aristote, Polybe, Auguste, et les autres bonnes têtes de l’antiquité, je place sans hésiter le caractère tout moderne du don Juan. C’est, à mon avis, un produit des institutions ascétiques des papes venus après Luther ; car Léon X et sa cour (1506) suivaient à peu près les mêmes principes de la religion d’Athènes.

Le Don Juan de Molière fut représenté au commencement du règne de Louis XIV, le 15 février 1665 ; ce prince n’était point encore dévot, et cependant la censure ecclésiastique fit supprimer la scène du pauvre dans la forêt. Cette censure, pour se donner des forces, voulait persuader à ce jeune roi, si prodigieusement ignorant, que le mot janséniste était synonyme de républicain.

L’original est d’un Espagnol, Tirso de Molina ; une troupe italienne en jouait une imitation à Paris vers 1664, et faisait fureur. C’est probablement la comédie du monde qui a été représentée le plus souvent. C’est qu’il y a le diable et l’amour,