Ouvrir le menu principal

Page:Stendhal - Chroniques italiennes, Lévy, 1855.djvu/190

Cette page n’a pas encore été corrigée


sera pas de fête. Mais, comme le bourreau est extrêmement las, et que le peuple est comme en agonie pour avoir vu tant de morts, on diffère l’exécution pendant ces deux jours. On ne pense pas qu’on laisse la vie à aucun. Il n’y aura peut-être d’excepté, parmi les gens attachés au prince Louis, que le seigneur Filenfi, son maître de casa, lequel se donne toutes les peines du monde, et en effet la chose est importante pour lui, afin de prouver qu’il n’a eu aucune part au fait.

Personne ne se souvient, même parmi les plus âgés de cette ville de Padoue, que jamais, par une sentence plus juste, on ait procédé contre la vie de tant de personnes, en une seule fois. Et ces seigneurs (de Venise) se sont acquis une bonne renommée et réputation auprès des nations les plus civilisées.

(Ajouté d’une autre main) : François Filenfi, secrétaire et maestro di casa, fut condamné à quinze ans de prison. L’échanson (copiere) Onorio Adami de Fermo, ainsi que deux autres, à une année de prison ; sept autres furent condamnés aux galères avec les fers aux pieds et sept furent relâchés.