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Page:Stendhal - Chroniques italiennes, Lévy, 1855.djvu/183

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siens pour traiter de l’affaire, sous la condition expresse qu’il serait toujours libre de rentrer dans sa maison.

Les ambassadeurs prirent ces propositions écrites de sa main, et retournèrent auprès des magistrats, qui refusèrent les conditions, particulièrement d’après les conseils du très illustre Pio Enea, et autres nobles présents. Les ambassadeurs retournèrent auprès du prince, et lui annoncèrent que, s’il ne se rendait pas purement et simplement, on allait raser sa maison avec de l’artillerie ; à quoi il répondit qu’il préférait la mort à cet acte de soumission.

Les magistrats donnèrent le signal de la bataille, et, quoiqu’on eût pu détruire presque entièrement la maison par une seule décharge, on aima mieux agir d’abord avec de certains ménagements, pour voir si les assiégés ne consentiraient point à se rendre.

Ce parti a réussi, et l’on a épargné à Saint-Marc beaucoup d’argent, qui aurait été dépensé à rebâtir les parties détruites du palais attaqué ; toutefois, il n’a pas été approuvé généralement. Si les hommes du seigneur Louis avaient pris leur parti sans balancer, et fussent élancés hors de la maison, le succès eût été fort incertain. C’étaient de vieux soldats ; ils ne manquaient ni de munitions, ni d’armes, ni de courage, et, surtout, ils avaient le plus grand intérêt à vaincre ; ne valait-il pas mieux, même en mettant les choses au pis, mourir d’un coup d’arquebuse que de la main du bourreau ? D’ailleurs, à qui avaient-ils affaire ? à de malheureux assiégeants peu expérimentés dans les armes, et les seigneurs,