Ouvrir le menu principal

Page:Stendhal - Chroniques italiennes, Lévy, 1855.djvu/180

Cette page n’a pas encore été corrigée


AU SEIGNEUR VIRGINIO ORSINI <<Très Illustre Seigneur, Nous avons mis à exécution ce qui avait été convenu entre nous, et de telle façon, que nous avons pris pour dupe le très illustre Tondini (apparemment le nom du chef de la corte qui avait interrogé le prince), si bien que l’on me tient ici pour le plus galant homme du monde. J’ai fait la chose en personne, ainsi ne manquez pas d’envoyer sur-le-champ les gens que vous savez.>>

Cette lettre fit impression sur les magistrats ; ils se hâtèrent de l’envoyer à Venise ; par leur ordre les portes de la ville furent fermées, et les murailles garnies de soldats le jour et la nuit. On publia un avis portant des peines sévères pour qui, ayant connaissance des assassins, ne communiquerait pas ce qu’il savait à la justice. Ceux des assassins quip orteraient témoignage contre un des leurs ne seraient point inquiétés, et même on leur compterait une somme d’argent. Mais sur les sept heures de nuit, la veille de Noël (le 24 décembre, vers minuit), Aloïse Bragadin arriva de Venise avec d’amples pouvoirs de la part du sénat, et l’ordre de faire arrêter vifs ou morts, et quoi qu’il en pût coûter, ledit prince et tous les siens.