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Page:Stendhal - Chroniques italiennes, Lévy, 1855.djvu/146

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les religieuses de Sainte-Marthe crurent que le couvent allait s’abîmer. Le trouble fut extrême, tout le monde criait au tremblement de terre. Une heure environ après la chute du pavé de marbre de l’église, la signora de Campireali, précédée par les trois bravi au service d’Hélène, pénétra dans le cachot par le souterrain.

—Victoire ! victoire ! madame, criaient les bravi.

Hélène eut une peur mortelle ; elle crut que Jules Branciforte était avec eux. Elle fut bien rassurée, et ses traits reprirent leur expression sévère, lorsqu’ils lui dirent qu’ils n’accompagnaient que la signora de Campireali, et que Jules n’était encore que dans Albano, qu’il venait d’occuper avec plusieurs milliers de soldats.

Après quelques instans d’attente, la signora de Campireali parut ; elle marchait avec beaucoup de peine, donnant le bras à son écuyer, qui était en grand costume et l’épée au côté ; mais son habit magnifique était tout souillé de terre.

— O ma chère Hélène, je viens te sauver ! s’écria la signora de Campireali.

— Et qui vous dit que je veuille être sauvée ?

La signora de Campireali restait étonnée ; elle regardait sa fille avec de grands yeux ; elle parut fort agitée.

— Eh bien ! ma chère Hélène, dit-elle enfin, la destinée me force à t’avouer une action bien naturelle peut-être, après les malheurs autrefois arrivés dans notre famille, mais dont je me repens et que je te prie de me pardonner : Jules…. Branciforte…. est vivant….

— Et c’est parce qu’il vit que je ne veux pas vivre.