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Page:Stendhal - Chroniques italiennes, Lévy, 1855.djvu/113

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par la signora de Campireali. Tout Albano était rempli du bruit de la fuite d’Hélène et du récit des magnifiques promesses faites par sa mère à ceux qui pourraient lui donner des nouvelles de sa fille. Mais les deux moines furent tellement touchés du désespoir de la pauvre Hélène, qui croyait Jules Branciforte mort, que, bien loin de la trahir en indiquant à sa mère le lieu où elle s’était retirée, ils consentirent à lui servir d’escorte jusqu’à la forteresse de la Petrella. Hélène et Marietta, toujours déguisées en ouvriers, se rendirent à pied et de nuit à une certaine fontaine située dans la forêt de la Faggiola, à une lieue d’Albano. Les moines y avaient fait conduire des mulets, et, quand le jour fut venu, l’on se mit en route, pour la Petrella. Les moines, que l’on savait protégés par le prince, étaient salués avec respect par les soldats qu’ils rencontraient dans la forêt ; mais il n’en fut pas de même des deux petits hommes qui les accompagnaient les soldats les regardaient d’abord d’un œil fort sévère et s’approchaient d’eux, puis éclataient de rire et faisaient compliment aux moines sur les graces de leurs muletiers.

— Taisez-vous, impies, et croyez que tout se fait par ordre du prince Colonna, répondaient les moines en cheminant.

Mais la pauvre Hélène avait du malheur ; le prince était absent de la Petrella, et quand, trois jours après, à son retour, il lui accorda enfin une audience, il se montra très dur.

— Pourquoi venez-vous ici, mademoiselle ? Que signifie