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Page:Stendhal - Chroniques italiennes, Lévy, 1855.djvu/112

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trouver Branciforte, et les questions qu’il ne cessait de faire sur le compte du jeune capitaine avant fini par le rendre suspect, il avait été obligé de prendre la fuite.

Il n’en faut point douter, le pauvre Jules est mort, se dit Hélène, et c’est moi qui l’ai tué ! Telle devait être la conséquence de ma misérable faiblesse et de ma pusillanimité ; il aurait dû aimer une femme forte, la fille de quelqu’un des capitaines du prince Colonna. La nourrice crut qu’Hélène allait mourir. Elle monta au couvent des capucins, voisin du chemin taillé dans le roc, où jadis Fabio et son père avaient rencontré les deux amans au milieu de la nuit. La nourrice parla long-temps à son confesseur, et, sous le secret du sacrement, lui avoua que la jeune Hélène de Campireali voulait aller rejoindre Jules Branciforte, son époux, et qu’elle était disposée à placer dans l’église du couvent une lampe d’argent de la valeur de cent piastres espagnoles.

— Cent piastres ! répondit le moine irrité. Et que deviendra notre couvent, si nous encourons la haine du seigneur de Campireali ? Ce n’est pas cent piastres, mais bien mille, qu’il nous a données pour être allés relever le corps de son fils sur le champ de bataille des Ciampi, sans compter la cire.

Il faut dire en l’honneur du couvent que deux moines âgés, ayant eu connaissance de la position exacte de la jeune Hélène, descendirent dans Albano, et l’allèrent voir dans l’intention d’abord de l’amener de gré ou de force à prendre son logement dans le palais de sa famille : ils savaient qu’ils seraient richement récompensés