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Page:Stendhal - Armance, Lévy, 1877.djvu/82

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testament des 28 et 29 septembre 1840 ; comme exécuteur testamentaire, mon devoir était donc tout tracé, et, quelque pénible qu’il put être pour moi de le remplir, je ne pouvais pas hésiter.

Beyle avait toujours conservé pour Milan une vive affection, mais ce fut un motif politique qui le détermina à abdiquer (c’était son expression) sa qualité de Français. Ce fut en 1840, lors du dénoûment de la première crise de la question d’Orient, qu’il prit cette résolution. La France, seule devant l’Europe, dut abandonner des prétentions, fondées certainement, mais qui pouvaient faire éclater la guerre et devenir ainsi la cause de malheurs incalculables. Beyle blâma, en termes très-vifs, le traité du 15 juillet 1840, et, devant les employés de son consulat à Civita-Vecchia, il déclara que le gouvernement déshonorait le pays par une telle lâcheté, et que, dès ce moment, cessant d’être Français, il adoptait pour patrie la ville où s’étaient écoulés les moments les plus heureux de sa vie.